TECHNIQUE

Cultiver des espèces relais pour favoriser les régulations biologiques


1. Présentation


Caractérisation de la technique

Description de la technique :

Bleuets dans champ de blé

Crédits photo : Eric Meunier

Céline Géneau Fibl (Suisse) celine.geneau(at)fibl.org Frick, Suisse
Jean-Pierre ENSAT sarthou(at)ensat.fr Castanet-Tolosan (31)
Régis Wartelle Chambre Régionale d'Agriculture de Picardie r.wartelle(at)picardie.chambagri.fr Amiens (80)
Julien Halska INRA julien.halska(at)grignon.inra.fr Dijon (21)

 

Semer (ou planter) des espèces attractives dans les parcelles dans le but d'attirer les auxiliaires, de manière ponctuelle dans la parcelle ou sur des rangs régulièrement répartis. Ce sont plutôt des plantes à fleurs pour la majorité des auxiliaires, mais aussi des herbacées pour les coléoptères prédateurs. Il s'agit initialement d'une technique pratiquée en maraîchage sous serre. Ces plantes relais peuvent parfois favoriser également le bioagresseur visé ou dautres espèces. Cet effet indésirable peut être limité par un choix judicieux de la ou des espèces relais, notamment leur capacité à attirer et à nourrir les auxiliaires (accessibilité du nectar) et la faible capacité concurrentielle.


Exemple de mise en oeuvre : Exemples de plantes réservoires : fève, phacélie, aneth, coriandre, sarrasin, vesce, grand ammi, bleuet, rue. Certaines comme le bleuet, produisent du nectar sur le côté extérieur de la fleur (face externe des sépales au stade bouton floral). Cette ressource est donc disponible sur une plus longue période et est plus accessible, ce qui est bien plus efficace pour favoriser les régulations biologique.

Période de mise en œuvre
Sur culture implantée


Echelle spatiale de mise en œuvre
Parcelle


Application de la technique à...

Toutes les cultures : Pas généralisable
Pour le moment, le seul exemple répertorié est celui de l'introduction de bleuets dans des champs de choux. Il semble y avoir des exemples sur céréales.

Tous les types de sols : Facilement généralisable
Sous réserve que la ou les espèces relais soient adaptées au contexte pédologique.

Tous les contextes climatiques : Facilement généralisable

Sous réserve que la ou les espèces relais soient adaptées au contexte climatique.

Réglementation



2. Services rendus par la technique



3. Effets sur la durabilité du système de culture


Critères "environnementaux"

Effet sur la qualité de l'air : En augmentation
émission phytosanitaires : DIMINUTION
émission GES : NEUTRE


Effet sur la qualité de l'eau : En augmentation
pesticides : DIMINUTION

Autre : Pas d'effet (neutre)

Il y a amélioration de la qualité de l'air et de l'eau dans la mesure où on a une réduction de l'utilisation de pesticides en lien avec une régulation accrue des ravageurs par les auxiliaires, et où ces pesticides sont susceptibles d'être transférés dans l'air et l'eau.

 

Il n'y a pas d'effet sur la consommation d'énergies fossiles et sur l'émission de CO2, sauf en cas de passages spécifiques pour la mise en place des plantes relais.

 

Biodiversité : visage vert taille 10

Les plantes relais sont des sources de nourriture pour les auxiliaires que l'on souhaite attirer dans la parcelle, mais aussi pour d'autres insectes. Des oiseaux qui se nourrissent des insectes ou des graines peuvent être favorisés.




Critères "agronomiques"

Productivité : Pas de connaissance sur impact
Il peut être supposé un effet sur la productivité dans certains cas, en fonction de la plante relais choisie. Dans les essais du FIBL (centre suisse de recherche en agriculture biologique, cf. bibliographie), les rendements des choux ont été supérieurs avec plantes relais.

Fertilité du sol : Pas de connaissance sur impact
Les effets du système racinaire et de la restitution de résidus dépendent des espèces qui servent de plantes relais (notamment si ce sont des légumineuses ou non), de leur densité et de la structure de leur peuplement.

Stress hydrique : Pas de connaissance sur impact
 L'effet est en fonction de la densité des plantes relais.

Biodiversité fonctionnelle : En augmentation
Une amélioration de la biodiversité fonctionnelle est l'objet de la technique, afin d'amplifier le service de régulation biologique. Les effets sur les autres services potentiels de la diversité fonctionnelle restent à étudier.


Critères "économiques"


Charges opérationnelles : En augmentation
Côut des semences ou plants des plantes de service et coût de mise en place (semis, plantation).

Charges de mécanisation : Variable
Dépend du mode de mise en place des plantes relais.

Marge : Variable
L'effet sur la marge est fonction de l'équilibre entre les charges induites par la mise en place des plantes relais et les économies de traitements. En l'absence de traitement contre le bio-agresseur concerné (par exemple en agriculture biologique), on peut attendre une augmentation des marges. La commercialisation des plantes relais peut être envisagée (bleuet, sarrasin).


Critères "sociaux"


Temps de travail : En augmentation
Le temps de mécanisation dépend du mode de mise en place des plantes relais. Dans tous les cas, un travail supplémentaire est nécessaire pour la plantation spécifique ou pour le mélange des graines avant le semis.

Temps d'observation : Pas d'effet (neutre)




4. Organismes favorisés ou défavorisés


Bioagresseurs favorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Bioagresseurs défavorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions
noctuelle du chou MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
puceron noir de la fève ravageur, prédateur ou parasite
puceron vert du pois ravageur, prédateur ou parasite

Auxiliaires favorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Auxiliaires défavorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Accidents climatiques et physiologiques favorisés

Organisme Impact de la technique Précisions

Accidents climatiques et physiologiques défavorisés

Organisme Impact de la technique Précisions


5. Pour en savoir plus

Favoriser les auxiliaires dans les champs de choux
Balmer O.
FIBL, Rapport professionnel, 2010
Improved fitness of aphid parasitoids receiving ressource subsidies
Tylinanakis J.M. (University of Canterburry, Lincloln University, New Zealand) ; Didham R.K. (University of Canterburry, New Zealand); Wratten S.D. (Lincloln University, New Zealand)
Ecology, Vol. 85, n°3, pp658-666, Article de revue avec comité, 2004
Cas d'essais avec du sarrasin dans du blé
Natural regulation at the farm level. Enhancing biological control - Habitat management to promote natural enemies of agricultural pests
Häni, F. J., E. F. Boller, et al.
University of California Press: 161-210, Article de revue avec comité, 1998
Cas du semis de tournesol dans le maïs (p. 188)
Selective flowers to enhance biological control of cabage pests by parasitoids
Géneau C. E. (FiBL, Lancaster university) ; Wäckers F. L. (Lancaster university, Biobest) ; Luka H. (FiBL, University of Basel) ; Daniel C. (FiBL) ; Balmer O. (FiBL, Swiss Tropical and Public Health Institute, University of Basel)
elsevier, Article de revue avec comité, 2011
Sur le screening en laboratoire de plantes relais dans le cas du choux

6. Mots clés


Méthode de contrôle des bioagresseurs : Contrôle cultural
Mode d'action : Action sur le stock initial
Type de stratégie vis-à-vis de l'utilisation de pesticides : Reconception
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Contributeurs

16/07/2018
16/10/2017
Matthieu HIRSCHY - INRA - Thiverval Grignon (78850)
ingenieur - matthieu.hirschy@inra.fr

06/09/2017
Lola Leveau - Irstea - Clermont-Ferrand (63000)
ingenieur - lola.leveau@irstea.fr